2025 aura été une année particulièrement rude. Dans le monde, les conflits se sont installés, les tensions se sont durcies. En France, les repères se sont brouillés, l’avenir s’est assombri. À Béziers aussi, beaucoup ont vécu une année d’inquiétudes, de fatigue, de crispations et de colère. Colère des artisans qui voient leurs charges augmenter, des salariés dont le travail ne suffit plus à vivre dignement, des retraités inquiets pour leur pouvoir d’achat, des policiers et des forces de l’ordre confrontés à la violence urbaine, des chefs d’entreprise étouffés par les taxes et les contraintes, du monde agricole fragilisé par des décisions administratives brutales. Colère aussi de celles et ceux dont l’outil de travail a été abîmé par les intempéries et qui subissent déjà, très concrètement, les effets du dérèglement climatique.
Cette colère se mêle aujourd’hui à une profonde lassitude : le sentiment que les décisions se prennent loin des réalités vécues. Béziers est l’une des villes les plus pauvres de la région. Dans certains quartiers, plus d’un habitant sur deux vit sous le seuil de pauvreté. Pour beaucoup de familles de la Devèze, d’Iranget-Grangette ou du centre-ville, chaque plein d’essence, chaque facture d’électricité, chaque passage en caisse est devenu un casse-tête. Les loyers augmentent, les commerces ferment autour des Halles, les embouteillages s’accumulent aux entrées de la ville, et l’insécurité du quotidien mine la confiance.
Localement il est possible et urgent d’agir. Les marges de manœuvre existent, tout est question de choix et de méthode. La sécurité, le pouvoir d’achat, la dignité, la transparence dans la gestion : autant de sujets que nous traiterons avec efficacité.
Dans ce contexte, les vœux ne peuvent pas se résumer à des formules convenues.
2026 sera, à Béziers, une année de vérité. Ou bien nous continuons à subir, ou bien nous décidons, ensemble, d’agir pour résister.
Résister, cela commence par une idée simple mais essentielle : localement, nous pouvons agir. À la Devèze comme à la Chevalière, à l’Iranget-Grangette comme au centre-ville, rien n’est écrit d’avance.
Agir pour une sécurité réelle, visible, quotidienne. Pas une sécurité de vitrine concentrée sur les Allées Paul-Riquet ou la place Jean-Jaurès, mais une présence là où les problèmes se posent vraiment : les rodéos derrière le collège de la Devèze, les trafics dans certaines cages d’escaliers d’Iranget-Grangette, les incivilités répétées autour de la gare, les dégradations constantes dans les quartiers. Une police municipale de proximité, identifiée par quartier, appuyée par des médiateurs de terrain, pour restaurer l’ordre, le respect et la tranquillité.
Agir pour redonner du pouvoir d’achat dans la vraie vie. Quand on habite le faubourg de Bagnols, la Crouzette ou la Devèze, les fins de mois ne se résument pas à des statistiques. Ce sont les courses qu’on reporte pour économiser, le plein qu’on remplie moins pour aller travailler à Mazeran, ou la cantine des enfants dont on décale le paiement. La gratuité des transports, les fournitures et le soutien scolaire gratuits, le Pass sport biterrois, des séjours de vacances accessibles, plus de places en crèche près des zones d’emploi, des aides à la rénovation des logements du centre ancien pour faire baisser les factures d’énergie : ce sont des décisions concrètes, qui changent la vie. Et parce que le pouvoir d’achat passe aussi par l’impôt, nous engagerons une trajectoire de baisse des impôts locaux en supprimant les dépenses superflues, à commencer par les excès de communication et les contentieux coûteux.
Agir pour remettre de l’ordre et de la rigueur. Mettre fin aux projets hors de prix, aux dérives budgétaires, à la communication permanente. Les Halles sont devenues le symbole de ce qu’il ne faut plus faire : un projet doublé en coût, géré par une société privée, pendant que les écoles, les équipements de quartier et les rues attendent encore des travaux de base. Gérer l’argent public avec exigence, auditer les grands contrats, rendre des comptes clairs, quartier par quartier : la confiance ne se proclame pas, elle se construit.
Dans un monde instable, quand tout est trouble, quand on ne sait pas ce que demain réserve, la tentation est grande de s’accrocher à ce que l’on connaît. La peur du changement est humaine. Beaucoup se disent qu’il vaut mieux garder ce qui existe plutôt que risquer l’inconnu.
Mais à Béziers, ne pas changer, c’est s’enfoncer. C’est accepter que la pauvreté progresse, que l’insécurité s’installe, que le pouvoir d’achat recule encore. L’immobilisme n’est pas une protection : c’est un renoncement.
En mars, un choix décisif s’offrira aux Biterroises et aux Biterrois : subir par peur de changer, ou décider d’agir pour protéger l’avenir. Ce rendez-vous comptera. Parce qu’une ville ne se résigne jamais.
Pour 2026, je vous souhaite une bonne année, avec un vœu simple mais exigeant : que Béziers redevienne une ville protectrice, juste et lisible. Une ville qui préfère le travail aux coups de communication, la transparence aux arrangements, et l’action concrète aux promesses.
En 2026, faisons de Béziers une ville qui résiste en agissant, avec sérieux, courage et confiance retrouvée.

