« Béziers et les Cathares ou le mythe inépuisable »
Thierry Mathieu assistera, ce vendredi 12 décembre à 17h30, à la conférence « Béziers et les Cathares ou le mythe inépuisable » donnée par l’historien Henri Barthès à l’IUT de Béziers. Ce rendez-vous, ouvert au public, propose de revenir sur la manière dont le massacre de 1209 et la mémoire cathare ont été racontés, amplifiés, parfois réinventés, jusqu’à devenir un véritable mythe local.
Pour Thierry Mathieu, cette conférence tombe à point nommé après un été marqué par le son et lumière « Cathares » sur la Madeleine : elle pose frontalement la question du rapport entre spectacle, tourisme et vérité historique. Car ce spectacle populaire – bien qu’il montre l’attachement des habitants à leur patrimoine et à la mise en valeur de Béziers lors des soirées d’été – n’est pas sans susciter des débats : plusieurs historiens et citoyens ont pointé l’écart entre la mise en scène proposée et la réalité historique du massacre de 1209, rappelant qu’on ne peut pas tout simplifier ou réécrire au nom du divertissement. Entre émotion, fierté locale et exigence de vérité, la question posée est simple : que veut-on raconter de Béziers, et comment le raconter sans travestir son histoire ni l’utiliser comme un outil de communication ?
Ne pas instrumentaliser l’histoire de Béziers
Derrière les images fortes et les récits simplifiés, il y a une exigence : celle de ne pas instrumentaliser l’histoire de Béziers au service d’un récit identitaire déformé, mais de la transmettre avec rigueur, nuance et respect. Le patrimoine biterrois mérite mieux qu’un décor : il doit être transmis avec rigueur, pédagogie et respect de la complexité de notre passé. Un son et lumière peut être un formidable outil de valorisation touristique et culturelle, à condition qu’il s’appuie sur un travail sérieux avec les historiens, les associations et les acteurs culturels de la ville.
Le patrimoine biterrois doit être un levier de fierté partagée
Demain, la politique culturelle municipale devra assumer cette exigence : faire rayonner Béziers, oui, mais sans confondre mémoire, identité et caricature. En tant que candidat à la mairie, sa position est claire : le patrimoine biterrois doit être un levier de fierté partagée, pas un outil de storytelling politique. La future politique culturelle devra donc s’appuyer sur les historiens, les associations, l’Université, pour concilier attractivité de la ville, qualité des événements et fidélité aux faits, afin que Béziers rayonne sans jamais trahir son histoire.

