Mardi dernier au local de campagne, nous avons confronté constats du terrain et pistes d’action. Une soirée dense, directe, qui a confirmé une chose : l’avenir de nos écoles se construit avec celles et ceux qui y travaillent chaque jour.
Dès le début de la rencontre, alors que les chaises se remplissaient et que les discussions s’enclenchaient spontanément, nous avons senti l’importance du moment. Enseignants du centre-ville, directrices d’écoles maternelles des quartiers, professeurs des écoles expérimentés ou jeunes arrivés récemment : tous étaient venus partager ce qu’ils voient, ressentent et portent au quotidien dans leurs classes.
Très vite, les constats se sont rejoints. Nous avons entendu des directrices expliquer qu’elles manquent de moyens face à des situations complexes, des enseignants évoquer des classes hétérogènes où les besoins particuliers ne trouvent pas toujours de réponse, des équipes découragées par des bâtiments vieillissants et des services périscolaires difficiles d’accès pour certaines familles.
Nous savions la situation, mais l’entendre ainsi, avec précision et humanité, nous a rappelé l’urgence d’agir.
Au fil de la soirée, nous avons présenté nos grandes orientations, non pas comme des “solutions toutes faites”, mais comme des bases de travail ouvertes aux remarques et aux critiques. Le Pack Scolaire et le Pack Réussite, notamment, ont suscité de nombreuses réactions : fournitures gratuites, études du soir encadrées, transports scolaires gratuits, garderies mieux adaptées aux rythmes des parents.
Plusieurs enseignants nous ont confié que ces leviers pourraient réellement réduire les écarts observés dès l’école primaire.
La question du climat scolaire a occupé une grande partie des échanges. Ensemble, nous avons parlé sécurité aux abords des écoles, présence de médiateurs, lutte contre le harcèlement, prévention des violences. Les enseignants nous ont rappelé combien la stabilité des intervenants et la capacité de répondre vite aux situations tendues sont cruciales pour restaurer de la sérénité.
Lorsque nous avons évoqué la Maison de l’Éducation, beaucoup ont marqué leur intérêt. L’idée de rassembler en un seul lieu l’éducation, le social, la santé, la prévention, avec une équipe pluridisciplinaire dédiée aux familles, a fait réagir : « Ce serait un vrai changement pour nos élèves et pour nous », nous a glissé un professeur de maternelle.
Enfin, la modernisation des écoles — climatisation des classes, rénovation thermique, végétalisation intégrale des cours, lutte contre la fracture numérique — a fait écho à ce que plusieurs vivent dans leur établissement : des bâtiments qui n’ont plus les moyens d’être à la hauteur des enfants qu’ils accueillent.
Tout au long de la soirée, nous n’avons pas seulement entendu des soucis : nous avons aussi perçu un formidable attachement à l’école publique et un désir puissant de la voir repartir de l’avant, avec une politique municipale claire, ambitieuse et construite avec le terrain.
En fermant le local, nous savions une chose : ce dialogue ne doit pas s’arrêter là. C’est le début d’un travail continu avec celles et ceux qui font l’école.

